Retour sur les manifestations féministes à Lyon, Rennes et Toulouse

Manif du 7 mars : Lyon

Ce dimanche 7 mars 2021, des milliers de personnes se sont réunies dans le centre ville de Lyon,  vêtu.e.s de violet, couleur féministe. Le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes et  à cette occasion tous.tes sont sorti.e.s dans les rues lyonnaises pour faire résonner leurs voix, se soulevant contre cette société patriarcale.

Une manifestation en haute couleur et en revendications!

Manif du 8 Mars vue de Rennes

La journée du 8 mars 2021, une journée comme les autres ? À Rennes, les réponses oscillent entre oui et non mais tous.tes se mettent d’accord sur la nécessité d’une prise de conscience sur l’inégalité entre les hommes et les femmes. En cette journée très ensoleillée, la sororité n’a pas d’âge et est intergénérationnelle. Pour Séverine, maman de 35 ans, présente aujourd’hui avec son enfant, la journée de lutte pour les droits des femmes est « une journée ponctuelle dans l’année où on est montrée mais il en faudrait 364 autres.”

Les manifestant.e.s ont pris possession de la place République peu avant 12h, iels étaient 1700 selon la police contre 3 000 l’an dernier. Presque moitié moins. En cause la crise du Covid-19 et l’isolement des plus précaires, comme le dit Victoria, 24 ans : “On ne peut pas tous.tes se déplacer avec les raisons sanitaires mais il ne faut pas se sentir coupable de ne pas venir dans la rue, en tout cas  c’est agréable de venir d’être entouré.e.s, d’entendre les musiques, les chansons, les gens, ça met du baume au cœur”. Le mot d’ordre aujourd’hui, lutter ensemble, dans la bonne humeur. Jusqu’à 15h ce sont des chants, chorales, danses mais également collages, banderoles, pancartes et prises de paroles qui ont permis d’ouvrir le débat.  Pour Sofia et Lucie, âgées de 16 et 15, leur jeune âge ne les empêche de se sentir concernées : “Je pense qu’une manif c’est important, ça impact, on est là pour le même combat et on est ensemble

 À l’honneur les femmes travailleuses, indispensables à l’économie du pays et pourtant extrêmement invisibilisées durant la crise sanitaire. Femmes précaires (80,1% des postes à temps partiels sont féminins selon l’Insee), femmes migrantes, et toutes celles qui subissent les tâches les plus ingrates en étant sous payée. Pour Séverine, c’était important d’être là aujourd’hui “pour montrer que même en étant maman et femme travailleuse on peut se mobiliser pour le féminisme et la protection de la femme”. Une fois les prises de paroles terminées, les manifestant.e.s se décident à partir en cortège vers la place Charles de Gaulle peu avant 16h. C’est au son des chansons, slogans et autres applaudissements que des collages dénonçant les violences sexistes et sexuelles sont placardés sur les murs du boulevard de la Liberté. Le cortège, sous le regard et souvent les encouragements des témoins locaux attiré.e.s sur leurs balcons par la clameur militante des manifestant.e.s, rejoint sans heurt l’esplanade Charles de Gaulle pour clore sa journée de mobilisation.

Cette journée est aussi importante pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles. Un impressionnant collage à été réalisé sur l’esplanade de la place République, témoignant factuellement des violences faites aux femmes en indiquant les conditions d’assassinats de celles-ci par leurs conjoints (en moyenne 213 000 femmes subissent des violences sexistes ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année en France, selon arretonslesviolences.gouv.fr). Romane, 24 ans, voudrait voir se mettre en place des avancées concrètes comme “condamner les violences conjugales de manière plus systématique mais aussi les violences cyber conjugales dont on entend moins parler”. Pour Mathilde, 26 ans, elle voudrait que les femmes soient écoutées et qu’on les croit quand elles témoignent, “qu’on arrête de dire qu’elles sont des menteuses ou qu’elles parlent trop tard”. Des femmes mises au premier plan et des allié.e.s pour les soutenir. Pour Samuel, 30 ans, comme pour Mickaël, 27 ans et Matthieu, 23 ans, “c’est une lutte vers une égalité entre tous les genres à travers la société pour le bien de tous et pas seulement des femmes”. Ils se mettent d’accord sur le fait que les droits des femmes sont primordiaux et que leurs respects seraient bénéfiques à toute la société. Pour eux être présents aujourd’hui était important afin de « donner de la visibilité aux mouvements, aux luttes” même si ce combat n’est pas directement le leur.

Par Morgane et Marion

8 mars à Toulouse

Il est 15 heures lorsque les manifestant.e.s qui ont envahi l’allée Jean Jaurès se mettent en marche. En début de cortège, sur leur camion municipal, armées d’enceintes et de mégaphones, « les premières de corvées » sont en tête et nous ouvrent la voie/x.  

Entre pauses chorégraphiques, sit-in et danses ambulatoires, l’ambiance est à son comble.  

On y retrouve les slogans populaires tels que « À bas le patriarcat », « Solidarité avec les femmes du monde entier » ou encore « Nous sommes fortes, fières, féministes, radicales et en colère ! » mais également des nouveaux, spécifiques aux révoltes sociétales actuelles. Par cela, des cris de ralliement en faveur de la PMA pour tous.tes, contre la transphobie et pour la démission de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur français accusé de viol, se font entendre.  

Entre-temps, le cœur est tout de même à la fête et les chansons s’enchaînent. De France Gall, en passant par Diam’s, à Aya Nakamura, Angèle, Beyoncé et Clara Luciani, les musiques féministes sont à l’honneur. D’ailleurs, la tête de cortège est interdite aux hommes cis pour mettre davantage en avant les femmes et les minorités de genre. Un choix de non mixité revendiqué et assumé.  

Il est désormais 17h45 et à l’approche du couvre-feu dû à la pandémie du coronavirus, la manifestation se conclut. Tous et toutes rassemblé.e.s sur la place de Saint Cyprien, la protestation s’achève sur la chanson des Louves, un hymne écrit par le comité des chansons toulousaines féministes.  

Enfin, chacun et chacune d’entre nous a une pensée pour les personnes qui n’ont pas pu affirmer leurs convictions, notamment à Madrid, où la manifestation a été prohibée.  

À Toulouse, nous étions 9000 contestataires sur les milliers en France.  

Le 8 mars, c’est aujourd’hui, mais pour les femmes, c’est toute l’année.

Par Emma Doré

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